Les royaumes de la boucle du Niger

Afrique Histoire n°13/14 (1989)

Ces robustes démocraties rurales ont tenu de vastes zones jusqu'à l'arrivée des colonisateurs partout où les accidents du relief et l'isolement leur permettaient de se maintenir.

Toute l'histoire de la Boucle du Niger est rythmée par les relations entre l'axe soudanais et les pays côtiers du Golfe de Guinée.

Les zones climatiques et végétales orientées d'ouest en est, parallèlement au golfe de Guinée, ont eu une influence décisive sur l'histoire de l'Afrique occidentale. Cependant la large boucle que décrit le cours du Niger a dévié vers le nord l'axe des grands Empires soudanais. Comme la forêt côtière est justement étroite et discontinue dans ce secteur, une vaste zone intermédiaire s'est trouvée disponible entre ces deux ré-gions bien caractérisées.

Les vieilles civilisations rurales de la Savane, que l'on qualifie de paléonégritiques, ont pu s'y maintenir longtemps, en dépit de la pression des empires du Nord. Fondées sur une agriculture céréalière de savane, complétées par des plantes à racines comme l'igname sur la lisière forestière, elles se sont longtemps passées d'organisations étatiques, mais leur structure politique et sociale, de type segmentaire, s'appuyait sur un culte des ancêtres bien organisé. Ces robustes démocraties rurales ont tenu de vastes zones jusqu'à l'arrivée des colonisateurs, partout où les accidents du relief et l'isolement leur permettaient de se maintenir (Bassari et Konéagui du Sénégal et de Guinée, Bobo, Lobi, Gurunsi, Konkomba, Somba du Dahomey, "Pagans" du Nord Nigéria, Kirdi du Cameroun).

Il faut cependant garder à l'esprit que cette civilisation s'oppose nettement à celle de la Forêt, caractérisée par les plantes à racines, l'importance de la chasse et de la cueillette, malgré la similitude des structures, segmentaires. La civilisation forestière a été bouleversée à partir du XVIème siècle par un apport massif de plantes américaines et par la corrosion des contacts
européens alors que celle des paléonégritiques restait immuable. C'est elle qui a servi de substrat aux empires du Nord, qui ont bénéficié d'influences méditerranéennes bien assimilées et d'un milieu naturel favorable aux communications.

Cependant la chasse aux esclaves pour la traite transsaharienne ainsi que la recherche des mines d'or et du kola, cet excitant issu des franges forestières mais indispensable à l'équilibre physiologique des habitants de la savane, ont orienté très tôt vers le Sud les commerçants des empires du Nord: Dyula issus du monde Malinké à l'ouest de la boucle, et Hausa qualifiés de Maraba dans la partie orientale. A partir du grand renversement du XVIème siècle, quand la mer, jusque-là déserte, devint le canal de l'influence européenne, ces Soudanais ont voulu ouvrir des routes commerciales jusqu'au Golfe de Guinée.
En dehors des zones refuges, les habitants de la zone intermédiaire ont dû alors s'adapter ou se soumettre. C'est ainsi que, sur un substrat paléonégritique évident, sont nés de grands états, qui ont su faire une synthèse originale des traditions locales et des influences du nord. Ils ont tenté, avec un succès inégal, de contrôler le commerce qui s'écoulait du nord au sud,
perpendiculairement aux zones climatiques. Leur puissance militaire reposait presque toujours sur la cavalerie, dont la supériorité est écrasante, en savane, contre des archers paléonégritiques. Les plus anciens d'entre eux, qui forment le groupe Mosi, sont restés fameux jusqu'à nos jours pour leurs élevages de chevaux.

1 Le groupe Mossi

La formation des Etats Mossi a été souvent placée trop tôt, dès le XIème siècle '. On admet actuellement que, sans doute au XlVème siècle, les cavaliers de Tohajie, venus de l'Est du Niger, et peut-être apparentés au légendaire Kisra, fondateur du Borgu (pays Bariba, nord Dahomey) ont soumis les paléonégritiques occupant la Vallée de la Volta Blanche. Leur première installation a eu lieu dans le Mamprusi (région de Gambaga, nord Ghana) et leur nombre devait être faible car ils ont adopté la langue des vaincus et les principaux traits de leur civilisation matérielle.

Une vie assez paisible

Durant le XIVème siècle et le début du XVème siècle, cette aristocratie guerrière Couvre de ses raids la boucle du Niger, en alliance avec les Empereurs du Mali, puis en hostilité ouverte avec ceux de Gao (raid sur Tombouctou 1333 - Benka en 1433 et Walata en 1477).
C'est seulement vers le milieu du XVème siècle qu'elle se stabilise et donne naissance à une série d'états dont le territoire se fixe peu à peu. Le commerce soudanais en direction du Golfe de Guinée va désormais passer chez eux, contournant les sociétés segmentaires qui subsistent dans l'Ouest (vallée de la Volta Noire) et dans l'Est (montagnes de l'Atakora).
Nagbéwa, le Bawa de Mossi, qui régnait sans doute vers 1400 contrôlait encore l'ensemble des conquérants. Mais vers 1500, la rupture est faite. Chaque groupe s'étant implanté dans un terroir déterminé a conquis son autonomie. La scission s'est opérée en deux temps, donnant naissance d'abord aux Empires du Nord, Mossi et Gurma, puis à ceux du Sud, sur la Moyenne Volta.

A - Les Mossi et les Gurma

Les dynasties du Nord se réclament toutes de Wedraogo, petit fils de Bawa par la princesse Yennenga et le Chasseur Mandé Riale. Ce souverain fixa le centre de son pouvoir à Tenkodugu, en pays Busa, vers le milieu du XVème siècle et un peu plus tard son fils Dyaba-Lompo conquit vers le nord-est le pays Gurma. Vers la fin du siècle, Ubri, petit fils de Wedraogo, jetait les bases du Natenga, le grand Empire de Ouagadougou et au début du XVlème siècle, Yadega fondait le Yatenga, près de la vallée du Niger et des falaises Dogon.

a) Dans les deux empires Mossi

Les conquérants vont assimiler complètement les autochtones Nyonyose, parents des Gurunsi, qui appartiennent à une autre subdivision des langues voltaiques.
Le Yateriga va mener une vie assez paisible jusqu'au XIXème siècle, marquée seulement par quelques guerres civiles et de longs conflits contre les Gurunsi, qui maintiendront leur indépendance à l'ouest de la Volta Rouge. L'Islam, très tôt présent, sera parfaitement intégré et ne jouera qu'un rôle bien délimité.
L'irruption des Zerma dans cette région ouvrira vers 1850 une crise que seule la colonisation allait clore.
Le Yatenga, au contact direct des Empires du Niger, connaîtra une carrière agitée. Il repoussera au XVlème siècle les Empereurs de Gao. Dans la seconde moitié du XVIlIème siècle le célèbre Naba Kango (1754-87), fonda-teur de Ouahigouya, combattra avec succès les Bambara de Ségou.

b) Le royaume Gurma

Dans le royaume Gurma, les conquérants adoptèrent la langue et une grande partie de la civilisation des vaincus. Ils se contentèrent de substituer un Etat organisé à une société segmentaire.
Après avoir largement étendu leur territoire vers le Niger et le Borgou (nord Dahomey) au XVIème siècle, ils se tournèrent contre les paléonégritiques (Somba, Kabre) qui barraient leur frontière sud, cramponnés aux montagnes de l'Atakora. Les grands rois du XVIIIème siècle, Tan Tyari et Yendabri y organisèrent une véritable colonisation, qui est à l'origine des chefferies kotololi (Togo) et du royaume Yowa (Djougou, Dahomey). Ainsi s'ouvrait, au sud d'un îlot d'anarchistes irréductibles, une route directe unissant le pays Hausa à la Moyenne Volta. Mais les Gurma en perdirent le contrôle vers 1760 quand le Na des Mamprusi installa à Sansane Mango les guerriers Tyokosi, métis islamisés d'Agni et de Dyula, venus de l'Ano, en Côte d'Ivoire.
Au début du XlXe siècle, la guerre sainte des Peulh menaça la frontière nord du Gurma qui se replia sur lui-même, abandonnant le Liptako (pays de Dori) aux nouveaux conquérants.

c) Les institutions politiques'

Les institutions politiques de ces empires du nord sont très voisines, bien que leur civilisation ne soit nullement homogène. En dépit de leur caractère sacré très marqué, les Naba ou Na (=
Empereurs) n'étaient nullement des souverains absolus. Ils étaient contrôlés par des puissants dignitaires ou ministres, résidant auprès d'eux, qui se partageaient l'administration et le territoire du Royaume. Cette structure centralisée était d'ailleurs en partie neutralisée par l'existence de nombreuses seigneuries héréditaires qu'on a pu, non sans abus, comparer à la féodalité européenne, et par celle de divers royaumes vassaux.
Malgré un assez grand nombre de guerres civiles, la puissance militaire des Mossi imposa l'ordre et la sécurité durant de nombreux siècles. Il en résulte qu'une population très dense d'excellents cultivateurs s'est formée en dépit de la pauvreté du pays, et qu'elle a pu se disperser en d'innombrables petits hameaux.
Il est remarquable que les Gurma, en dépit d'une organisation seigneuriale analogue, n'ont qu'une très faible population de médiocres cultivateurs, concentrée en gros villages fortifiés.

B - Les états du sud

Vers la fin du XVème siècle, peu après le départ de Wedraogo, le foyer des conquérants éclata à son tour. Tandis que Tomago, fils ainé de N agbéwa, se maintenait dans le Mampursi, où ses
descendants allaient gouverner jusqu'au XIXème siècle un Etat faible et médiocre, ses jeunes frères s'installaient en aval, fondant le N anumba, près de Salaga, et le Dagomba qui couvrait tout le pays de la Volta Noire à la Volta Blanche.
Seul ce dernier Empire, fondé par le Na Magsé, a possédé une réelle importance; son autorité s'étendait au XVlème siècle jusqu'aux lisières de la forêt, en pays Akan, et il contrôlait les grandes routes du Kola venant du Mandé au nord-ouest et du Hausa au nord-est, que la présence des Portugais incitait à prolonger jusqu'à la côte. Peu avant 1600, les Dagomba fondèrent sur la Volta Noire les royaumes de Buna et de Wa qui leur assuraient le contrôle de l'itinéraire occidental. Les dirigeants de ces nouveaux Etats s'assimilèrent aux autochtones Kulango et Dagari, mais ils y maintiendront jusqu'au XIXème siècle des structures politiques calquées sur le Dagomba.

Centralisation politique

La puissance de celui-ci fut cependant brisée vers 1630 par Jakpa, chef du nouvel Empire Gondja, qui s'empara du confluent des deux Volta et refoula les Dagomba vers le Nord. Le Na Darizyogo transféra la capitale de Tamale à Yendi.
Vers 1750 le pays, alors en pleine guerre civile, fut envahi par les Ashanti et dut reconnaître la suzeraineté d'Osèi Kojo. Tandis qu'un Islam envahissant ébranlait ses anciennes structures, il mena dès lors une vie médiocre jusqu'à l'arrivée des colonisateurs.
Les Etats de tradition Dagomba se distinguent de ceux du Nord par une centralisation politique plus poussée. Le territoire est divisé en un certain nombre de grands commandements que le Na attribue non pas à des sei-gneurs mais à des princes de sa famille qui suivent un véritable "Cursus Honorom" avant de monter éventuellement sur le trône.
Leur puissance militaire était cependant assez faible, en raison sans doute de l'insignifiance de leur cavalerie, le climat étant défavorable aux chevaux. C'est seulement à la fin du XVIIIème siècle que l'emploi des armes à feu se généralisa, à l'exemple des Ashanti.

2 Les Malinke au Gondja

L'or et le kola des pays Akan avaient incité très tôt les commerçants malinké à organiser une route partant sans doute de Djenne, sur le Niger, et gagnant la forêt à l'ouest de la Volta Noire. Près du coude de ce fleuve, la vieille cité de Begho, ancêtre de Bondoukou, en marquait d'abord le terminus mais, dès le XVème siècle, les commerçants gagnèrent la côte (Gold- Coast) où arrivèrent bientôt les Portugais. C'est autour de Begho que des groupes d'aventuriers malinké, dirigés par le clan: Traoré, s'assimilèrent aux autochtone des Gouang proches parents des Akan et leur imposèrent des structures politiques de type soudanais. Au début du XIIe siècle, ils traverseront la Volta Noire et, sous la direction d'un grand souverain, Sumaila Ndewura Jakpa (1590-1635), ils écrasèrent les Dagoba et étendirent leur domination jusqu'aux confins de l'Oti et de la Volta (Togo).
Cet Empire Gondja ne connut guère plus d'un siècle de grandeur. Dès 1750 il fut écrasé par les Ashanti, réduit à une étroite vassalité, et Samori le su prendra avant qu'il ait eu le temps de se ressaisir. Les Gondja tenaient un immense territoire, mais l'état qu'ils avaient créé à l'imitation des Dagomba ne montra qu'une faible cohésion L'aristocratie de langue Gouang donnait des cultivateurs autochtones, parents des Gurunsi ou des Dagomba mais la densité de la population était très faible. La véritable vocation d Gondja était l'interception des routes commerciales allant en pays Aka qu'elles vinssent du Mali ou du Hausa Aussi vit-on grandir chez eux, aux XVIIleme et XVIIeme siècles, l'une d plus grandes métropoles commercial d'Afrique occidentale, Salaga, près du confluent des deux Voltas et de la lisière forestière. Ce sera l'objectif favori des explorateurs du XIXeme siècle mais sa prospérité sera ruinée par une terrible guerre civile à la veille de la conquête coloniale.

3 Un empire Dyula ; Kong et le Gwiriko

Les Etats Mossi et Gondja étaient des synthèses précoces où l'apport paléonégritique s'avéra prépondérant bien q les structures politiques fussent d'inspiration soudanaise. Il en ira autrement
dans les constructions que vont élever à partir du XVIIIème siècle des groupes de commerçants manding connus sous le nom de Dyula.
Jusque-là l'immense territoire s'étendant de la vallée du Haut Niger à celle la Volta Noire restait le domaine de sociétés segmentaires. Des noyaux de Soudanais de toute origine y existaient sans doute dès le XV me siècle, marquant des gîtes d'étapes comme à Bobo Dyulaso où le métissage avait formé un peuple nouveau dominé par le clan Sanu.

Convaincus de leur supériorité

On en trouvait en outre plus au sud, en terre Senufo, là où allait bientôt s'élever Kong. C'est de là que Seku . Watara appela les Dyula à la guerre, à l'aube du XVIIIéme siècle. En peu d'an-nées, grâce à l'usage des armes à feu il s'empara d'un pays immense allant de la vallée du Niger, entre Ségou et Djenne, jusqu'aux frontières du Baulé, entre le Bandama et le Komoe. Vers l'est, sur la Volta Noire, il touchait aux Mossi.Cet Empire Dyula visait au contrôle des routes du Niger à la mer et il y parvint pendant plus d'un siècle. Le gros du trafic de Bobo, par Kong ou Bouna, aboutissait chez les Ashanti et sur la Gold-Coast. Un nouvel itinéraire, évitant Kumasi, prendra plus tard de l'importance: longeant le Komoé il débouchait à Assinie chez les Agni du Sanwi.
Contrairement aux Empires Mossi, les Dyula, convaincus de leur supériorité, ne s'assimilèrent pas aux paléonégritiques qu'ils dominaient. Mais la langue malinké finit par supplanter les parlers Sénufo dans la région de Kong où un grand brassage de peuples s'effectua. La structure politique de l'Empire de Kong resta toujours très lâche. Le pouvoir appartenait à une aristocratie guerrière, qualifiée de Sohondji, qui était pratiquement animiste, malgré un vernis d'Islam. L'immense pays conquis était commandé par des princes Watara, qui furent la souche de nombreuses dynasties locales.
L'Empire se scinda vite en deux états distincts qui menèrent des politiques différentes sans rompre cependant toute solidarité. Les descendants de Seku régnèrent à Kong, tandis que ceux de son frère, Famagnan, installés à Bobo-Dioulasso, contrôlèrent les pays du nord auxquels ils donnaient le nom de Gwiriko.
Cependant, dès la fin du XVIlIème siècle, l'empire Dyula s'affaiblit. Le succès même de l'entreprise a donné la prépondérance à des éléments commerçants et religieux, qui manquent de vertus martiales. Les paiens soumis ont gardé intacte leur structure sociale et ils relèvent la tête dès qu'ils sentent la faiblesse de leurs maîtres. Le XIXème siècle sera donc marqué par une longue décadence: des Sénufo animistes, les Plabala (= Pallaka), s'insurgeront aux portes même de Kong et ne pourront, jamais être réduits, tandis que les Bwaba (Bobo-Ulé) s'émancipaient dans le nord et que les Tyéfo, en vue des murs de Bobo, finissaient par dominer pour leur compte le Gwiriko..
Quand Binger traversa les pays de Kong, les Watara ne contrôlaient plus que quelques îlots aux principaux nœuds des pistes commerciales. Leur existence était sérieusement menacée par plusieurs de leurs anciens vassaux, dont le plus connu est le royaume du Kenedugu.

4 Les colonies de Kong

Si les païens soumis aux Watara avaient gardé leur personnalité, ils avaient naturellement tendance à imi-ter l'organisation politique de leurs maîtres, donc à dépasser leur structure segmentaire et à fonder des Etats. Ce fut le cas des Sénufo Kyembarha de Korhogo, et, un peu plus tard, des Nafarha de Sinématyali, qui créèrent des petits Etats guerriers dont le rôle sera notable au XlXème siècle. Ces cultiva-teurs remarquables restaient fidèles aux traits essentiels de leur ancienne culture, notamment à la succession matrilinéaire, désormais en discordance avec leur superstructure.
Dans le Kénédugu le groupe dirigeant se réclame du clan Traoré et paraît être issu d'une lignée malinké profondément assimilée par les Séfuno. Ils réclament fièrement le nom de Dyula. Représentant les rois de Kong dans le Follona, au sud de Sikasso, ils se sont émancipés sans bruit vers la fin du XVIIIème siècle. Ils ont alors étendu lentement leur pouvoir vers le Nord, jusqu'aux frontières des Bambara. C'est seulement vers le milieu du XlXème siècle, sous le Fama Daula, que le Kenedugu fera figure d'état puissant et se lancera dans un duel féroce contre le pouvoir déclinant du Gwiriko.

Hégémonie éphémère

Toute l'histoire de la boucle du Niger est rythmée par les relations entre l'axe soudanais et les pays côtiers du Golfe de Guinée. La diffusion de l'idée d'état y a permis des synthèses harmonieuses et durables, comme au Mossi et au Gondja, quand les groupes dominants renonçaient à maintenir leur personnalité. Dans le cas contraire, comme l'empire de Kong, on voit grandir très vite une hégémonie éphémère mais l'acculturation subie malgré tout par les vaincus aurait sans doute préparé de nouvelles formules si la colonisation n'avait pas bloqué cette évolution.

Yves Person

Vocabulaire

Paléonégritique: cette expression, forgée par l'anthropologue allemand Baumann, désigne le plus vieux type de civilisations agricoles de l'Ouest africain, et il est préférable de la réserver à la zone des Savanes.
Cursus Honorum : liste des fonctions publiques d'importance croissante que devaient remplir successivement les hommes politiques romains avant d'accéder aux plus hauts postes de l'état.
Acculturation: acquisition par un peuple de nouveaux traits culturels.

Bibliographie
Dim Delobsom, L'Empire du Morho Naba, Paris 1943; Tauxier, Le Noir du Yatenga, Paris 1925, The Historian in Tropical Africa;
Bernus, Kong et sa région, Etudes éburnéennes XII, 1962; Levtzion, Muslims and chiefs in West Africa, Oxford 1968.