Mon cercueil a parlé

SoirInfo, Abidjan 2002

Pour les Vivant à San-Pedro avec ses parents, le jeune Aristide Bah, couturier de son état, tombe très malade. Son décès est loin de relever du naturel : le pauvre jeune homme a été victime de procédés occultes qui ont fini par avoir raison de sa vie. Dans la culture wé comme dans bien d'autres, il existe des rituels pour découvrir si oui ou non l'âme du défunt et sa chair ont servi de ripaille à des sorciers. Et ce procédé-là, c'est le port du cercueil du défunt. Guélafé Victor, Doh Jean et Kéi Blindé sont démasqués : ces trois sorciers reconnaissent être à la base de la mort du couturier. Mais un crime reconnu doit être puni par la loi. Des membres de la famille du mort suggèrent que l'affaire soit portée devant la police. La mère d'Aristide s'y oppose : selon elle, les forces de l'ordre ne reconnaissent pas les crimes qui relèvent de la sorcellerie. Mais cette position semble ne pas rencontrer l'assentiment de son fils décédé. Alors, selon un rite, son cercueil est interrogé à cet effet par des initiés. A la surprise générale, il entraîne ses porteurs et la foule jusqu'au commissariat de police. Panique générale en ces lieux car l'hôte du jour n'est pas ordinaire. En tout état de cause, selon les anciens, le défunt n'entend pas que sa mort reste impunie. Cette démarche vers la police signifie donc pour le défunt que justice doit être rendue. Un fait vraiment insolite qui est loin d'être une fiction.
K. K. Théodore