Masina : Des enfants d’un défunt soutirent frauduleusement le cadavre du disparu de l’hôpital

L'Avenir 08/06/2006

Chaque jour, il se passe de drôles d’histoires dans la capitale congolaise. Une famille résidant à Masina, vers le quartier Kingasani ya suka n’avait pas de quoi honorer la facture l’hôpital, dont nous taisons le nom, pour retirer dûment le corps de leur père mort. Selon la source, le disparu était marié à deux femmes. La première avait donné naissance à une fille et trois garçons. La deuxième quant à elle, était mère de cinq garçons. Ceux-ci ne fréquentaient pas à l’école. C’est dire qu’ils préféraient bien rester à la cité et jouer au football, au jeu de dames et même celui de cartes. Le défunt père souffrait et la famille était dépourvue de moyens financiers pour payer les soins. Il devait subir une intervention chirurgicale, car il sentait un dysfonctionnement de ses organes au niveau des intestins. Notre source rapporte que les enfants ont pris leur courage en main, et ont acheminé leur père à l’hôpital. Là, ils ont imploré les médecins et, en retour, ils ont remis en gage un paquet de chaînettes appartenant à la deuxième femme de leur papa. Dans le souci de mieux faire, les médecins ont tenté le tout pour le tout. Mais le sort final s’est accompli, selon la Providence divine, le sexagénaire a rendu l’âme. Cette situation imprévue s’est avérée un problème de plus pour la famille. Face à la fatalité, les enfants et la famille ont accepté que le décédé soit conservé à la morgue du même hôpital. Trois semaines plus tard, le corps traînait toujours à la morgue, la famille ne s’assumait pas. Elle ne disposait pas d’enveloppe pécuniaire conséquente. Car les frais de la morgue, à Kinshasa, relèvent souvent des enchères qui échappent à la régulation de l’Etat. A ce sujet, il convient de rappeler que l’expérience de partenariat qu’a tenté en son temps l’Hôtel de Ville avec certaines formations de renom de la capitale, a plongé dans les oubliettes. L’hôpital n’a eu aucune idée d’enterrer le corps qui avait déjà dépassé trois semaines et commencé à se décomposer. C’est ainsi que les enfants du défunt se sont mobilisés avec des jeunes du quartier, pour effectuer une descente à l’hôpital, afin de soutirer malhonnêtement le corps de la morgue. Vers deux heures du matin, ils ont loué un taxi bus jusqu’à l’hôpital, témoigne la source. Les enfants du disparu ont su allier à leur cause la personne qui montait la garde à la morgue. Leur démarche a payer, et voilà qu’ils ont sorti, bien que tard, le corps de leur père de la morgue. Le taxi bus était stationné hors de l’enceinte de l’hôpital. Les autres faisaient leur coup à l’intérieur. Quelques heures plus tard, les enfants ont ramené le cadavre à la maison. Le matin, pendant la vérification à l’hôpital, le trou a été remarqué. Et comme les identités du défunt étaient sur place, la Police a été dépêchée sur les lieux, ainsi que des agents de l’hôpital. Leur mission a été d’arracher à la famille la dépouille mortelle. Quelques jeunes gens du quartier présents en cet endroit, se sont interposés et ont maîtrisé la situation.
Lydie Ngalula