Le foyer Bara, un village pour les Maliens de Montreuil.
Aussi connu à Bamako que la tour Eiffel, il reproduit les structures traditionnelles du pays

Le Monde 05/04/1996

Ailleurs en France, la lettre aurait sans doute amusé. On se la serait passée de main en main, de service en service. Le soir, l'anecdote aurait fait rire les enfants. Ailleurs, peut-être.., Ici, le postier a rapidement lu l'adresse: "Dembele Moussa, Montreuil, France ". Il a retourné l'enveloppe pour vérifier que les détails manquants ne figuraient pas au dos, entre un numéro de téléphone et un salut amical. Puis il a placé la missive avec les autres, les centaines d'autres qui arrivent chaque jour au foyer de travailleurs maliens de la rue Bara, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Sans hésiter. Comme une évidence.
Le foyer Bara. Une ancienne usine de pianos transformée, il y a trente ans, en centre d'hébergement de travailleurs africains. Des murs extérieurs dignes d'un château fort et quatre étages de fenêtres encombrées de serviettes de toilette. De l'immeuble jaune et brun s'échappent quelques sonorités exotiques. Derrière le porche, constamment ouvert, on devine une certaine agitation. Mais on est loin de ce "petit Bamako" annoncé par le cafetier voisin. Loin aussi de soupçonner qu'ici commence un monde à part, véritable lieu de légende, dont la notoriété au Mali est comparable à celle de la tour Eiffel ou de l'Arc de triomphe.
Le développement de la région de Kayes s'appuie sur les sommes envoyées par les immigrés Dans la cour intérieure, un espace au sol goudronné, grand comme un terrain de tennis... sur lequel s'entraîneraient cinquante joueurs. Les épiciers font admirer leurs étals: céréales en tout genre, bouteilles de lait et bâtons de réglisse, shampooing et cigarettes -- en paquet ou à l'unité, des cassettes de Bob Marley et ACDC entre des centaines d'enregistrements de musique africaine. Au centre, deux coiffeurs travaillent à la tondeuse, s'accommodant de l'immense benne à ordures vers laquelle se faufilent deux Mobylettes au moteur grondant. Un feuilleton télévisé et un morceau de zouk se mêlent. Des hommes s'invectivent en soninké, tandis qu'en bruit de fond les marteaux des forgeron rythment le temps qui passe.
Ils sont dix, cet après-midi. Il y a encore deux ans, ils travaillaient à la cave. Après un incendie, le gestionnaire du foyer, l'Association pour la formation technique de base des Africains et Malgaches résidant en France (AFfAM), a décidé d'en interdire l'accès. Les forgerons ont donc été rapatriés dans les 8 mètres carrés qui servaient de garde-manger aux cuisinières. C'est dans cette pénombre suffocante, où flottent poussières de charbon et de métal, qu'ils préparent les bijoux de toute la communauté.
Jambana essuie d'un revers de manche son visage encore adolescent. A trente-cinq ans, il semble ne connaître que le sourire. Pourtant, la situation de ce fils, petit-fils et arrière-petit-fils de forgeron n'a rien d'enviable. Voilà huit ans qu'il vit ici en situation irrégulière. Huit ans que le visa de tourisme, obtenu au consulat de France au Gabon, est arrivé à expiration. Il venait voir son frère, il n'est jamais reparti.
Aujourd'hui, Jambana partage clandestinement sa chambre et sort le moins possible, déjà heureux, dit-il, de pouvoir " gagner suffisamment pour manger et voyager un peu ". Car Jambana est un voyageur. Comme tous les Soninkés, chez qui le départ tient autant du rite initiatique que de la quête de richesses, il a donc voulu partir. Bamako, Abidjan, Libreville, puis Paris, Bruxelles et Rome: il envoie " un peu d'argent" à sa famille mais ignore s'il rentrera un jour définitivement au pays.
Une situation exceptionnelle tant la vie de la plupart des résidents semble tournée vers le Mali. Des castes aux cantons, des familles aux villages, le foyer a calquésa structure sur la vie traditionnelle. De même qu'au pays, certains travaux, comme la cuisine ou le nettoyage du réfectoire, sont pratiquement réservés aux "esclaves ", autrement dit aux descendants des anciens captifs; les chefs de canton et les délégués chargés de la liaison avec la direction du foyer sont choisis dans les familles nobles; enfin, un conseil des chefs, consulté pour toutes les décisions importantes, est chargé de réguler les conflits. C'est lui qui fixe le montant des amendes infligées en de dispute ou de manquement aux règles internes. Lui qui peut proposer le renvoi au pays d'un jeune qui risque de mal tourner, voire appeler la police en cas d'incident grave. Lui, même, que les familles des alentours viennent consulter en cas de conflit conjugal.
Les modes de solidarité on eux aussi été reproduits à l'identique. Financièrement, d'abord, tous les résidents cotisent à de nombreuses " caisses": projet de développement du village, soutien de la famille, de la concession. {famille élargie), de la classe d'âge, mais aussi rapatriement des corps, maladie ou repas du soir …:. Plus de 50 % du salaire partirait directement ou indirectement vers le pays. Ecoles, pharmacies, magasins, mais aussi puits ou château d'eau, tout le développement de la région de Kayes s'appuie aujourd'hui sur les sommes envoyées par les immigrés maliens. Cette immigration tourne aujourd'hui au casse-tête. Dombe Traore avait vingt-trois ans quand il a mis pour la première fois les pieds au foyer. Clandestin, comme beaucoup d'autres, il avait tout de suite trouvé un cousin pour l'accueillir et un patron pour l'employer. "ça donnait automatiquement le droit à la Sécurité sociale. Il n'y avait aucun contrôle. Tout était différent ", dit-il. C'était en 1979. Régularisé en 1982, Dombe est passé depuis du nettoyage à la restauration et au bâtiment. Avant de se retrouver au chômage, comme plus d'un quart des résidents.
Drane Bakary ne figure pas dans cette catégorie. Ni dans aucune autre d'ailleurs. Inconnu parmi les 410 résidents officiels - qui payent entre 175 francs et 500 francs par mois -, il ne fait pas non plus partie des quelque 240 surnuméraires en règle sur le séjour, mais installés sur un lit de camp. Non, lui n'a rien. Ni sommier, ni papiers, ni famille en France. Il profite donc de la journée pour s'effondrer sur ce lit qu'il n'avait même pas pu approcher en 1989. Interpellé à Roissy, il avait été renvoyé à Bamako. "J'étais humilié, dit-il, je ne pouvais pas rentrer chez moi comme ça. J'ai réessayé en 1990 et j'ai réussi. A Bobigny, un policier m'a vendu une fausse carte de séjour: 5 000 francs. j'ai travaillé deux ans, puis j'ai été pris. J'ai été envoyé en prison. Depuis, je fais attention, mais je ne veux pas partir et rentrer sans rien." Dans la chambre, les autres résidents soupirent. Pour la plupart salarié à temps partiel, ils payent la Carte orange de Bakary, sa nourriture et seraient sans doute prêts à financer un billet d'avion de retour si seulement il le voulait. Mais lui ne veut pas. Comme nombre d'autres clandestins que les réguliers tentent pourtant de convaincre. Comme nombre de jeunes Soninkés qui cèdent à l'appel du large malgré les mises en garde de frères aînés, eux-mêmes souvent tenaillés entre les attaches au pays et les habitudes prises en France.
Car, malgré la structure traditionnelle, les réalités évoluent. Inspirés du modèle syndical, les postes de. délégué peuvent aujourd'hui échapper aux grandes familles. De même, la multiplication d'associations loi de 1901 n'est pas sans effets sur la transparence des structures de fonctionnement. Les foyers sont désormais dans le collimateur du gouvernement. Le nombre d'incidents relevés a beau garder un niveau ridiculement bas, il plane autour d'eux comme une odeur de souffre. Chargé de remettre au premier ministre un rapport sur le sujet, le député RPR Henri Cuq envisage de proposer vingt réhabilitations lourdes de foyers, autrement dit, de les éclater en petites structures, ce que redoutent les résidents. Et le foyer Bara pourrait être du nombre.

Nathaniel Herzberg

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A Bamako, souvenirs et rêves d'ailleurs.
Sur le marché, ceux qui partent croisent ceux qui rentrent d'une émigration quasi obligatoire

BAMAKO
de notre envoyé spécial

Syllamamadou, trente et un ans, se repose sous une tôle ondulée. Il y a quelques jours, il se promenait place de la Nation, à Paris. Aujourd'hui, il boit des gorgées de Fanta tandis que les autres font la prière. La saison chaude s'annonce, le vent du désert soulève la poussière. Sur le marché de Bamako, il y a davantage de vendeurs que d'acheteurs. On se lave les pieds, on rit, on dort dans la chaleur près des bassines de lait, de copeaux de bois pour conserver la glace.
Syllamamadou s'est réfugié chez le vieux Chekna, qui est comme lui originaire de Diomgaga, un village près du fleuve Sénégal. Derrière une montagne de chaussures, Chekna a disposé des tapis sous un auvent à l'intention des croyants. Il reçoit ses amis dans son " bureau ", quatre murs de parpaings et une table en fer, à côté des tapis. Il y a beaucoup de monde aujourd'hui. On a sorti les calculettes, les registres. Un " Malien de Paris" vient d'arriver et présente au vieux Chekna un sac de liasses de billets de 500 francs. Syllamamadou les regarde. Lui, il se dit qu'il a quitté Paris sans rien. En jean et en tee-shirt. Le sac de billets est rangé dans un tiroir et les deux hommes se concentrent sur un cahier, exami-nant les lignes d'écritures, les unes après les autres. La comptabilité est complexe, mêlant des versements de liquidités aux familles du village et des ordres d'achat de mil, de sorgo ou d'oignons que les "émigrés parisiens" ont contresignés. Syllamamadou, lui, revoit " la" scène, place de la Nation à Paris: un simple contrôle d'identité, le 21 mars dernier. Lui, le sans-papier expédié quelques jours plus tard dans l'avion, le charter des 52 expulsés renvoyés à Bamako le 28 mars.
Dehors, dans les ruelles du marché, entre les vieilles Singer mécaniques, Makansacko, quarante-six ans, reconnaît Bekaï, un copain " du temps de Paris ", jamais revu depuis onze ans. " Tu te souviens Beka; on faisait la fête dans le 11e ? On allait aussi au métro Bonne-Nouvelle. - Oui, c'est ça ! je te remets. Et toi, alors, qu'est-ce tu deviens? - New York! Après dix ans à Paris, New York! ", s'exclame Makansacko, qui explique avoir trouvé une place dans une boulangerie française tenue par un Libanais à Manhattan. " Tu sais, ils sont fous les Américains, ils peuvent te tuer pour un rien. - Et dans le boulot, ils ne te parlent pas en bambara! ", plaisante Bekaï.
Amidou, un jeune de vingt-quatre ans, court entre les sacs de riz en disant qu'il est sûr de deux choses dans sa vie: il va mourir " et retourner un jour à Paris ". Expulsé deux fois, il recommencera. "J'ai bien essayé récemment par l'Allemagne avec un faux passeport mais on était tout un groupe. On a fait les cons; ils nous ont repérés. " Plus loin, Mohammed raconte combien sa tante a réussi à Garges-Lès-Gonesse (Val-d'Oise). " Elle a un appartement, elle fait le ménage dans les bureaux. Sa fille va passer le baccalauréat " Grâce à elle, il avait tenté sa chance à Brazzaville. Elle lui avait donné de quoi se lancer dans le commerce des cosmétiques jusqu'au jour où de faux diamantaires angolais lui promirent de faire fortune.
Mohammed le ruiné, Syllamama-dou l'expulsé, Makansacko l'Américain, Amidou le fraudeur, sont, comme 80 % des Maliens émigrés, originaires de la région de Kayes, au nord-ouest du Mali. Le pays des Soninkés, celui que l'on doit quitter à tout prix (lire ci-contre).
Lorsque le charter des 52 Maliens expulsés de France s'est posé à Bamako, le pays vivait une semaine hautement symbolique. On y célébrait le cinquième anniversaire de l'avènement de la démocratie. On y scellait aussi la réconciliation avec la rébellion touareg, en brûlant les armes de la guerre dans un brasier à Tombouctou. A l'atterrissage, les expulsés maliens, eux, ont essayé de rendre les coups aux policiers français (Le Monde du 3 avril). Puis ils sont descendus, accueillis le soir par un message de bienvenue de la télévision malienne qui leur a rappelé toutefois qu'il fallait respecter les lois où que l'on soit.
"On se sent humilié et on commence à être habitué ", confie un jeune avocat. Car la France n'est pas le seul pays: le Gabon, la Libye, entre autres, ont su employer des méthodes aussi musclées. Parfois, les Maliens en rient, considèrent que c'est un peu la fatalité. Ces émigrés ont tenté leur chance, ils n'ont pas réussi, ils recommenceront une prochaine fois, se disent-ils. Du passage des Pyrénées dans les années 70 au transit via la Belgique en 1990, l'histoire a montré qu'il y avait toujours moyen de contourner les difficultés. L'informatisation des empreintes digitales a déjà fait l'objet d'une astuce à Bamako. "C'est simple, tu suces un bonbon et juste avant de faire l'empreinte, tu mets ton doigt dans la bouche ", se conseille-t-on.
Le temps de la filière " photomaton ", comme on l'appelle ici, est bien révolu. A l'époque, les patrons français fermaient les yeux quand un employé malien décidait de rentrer au pays et se faisait remplacer par son frère, Même nom, presque le même visage sur la photo, les autorités n'y voyait que du feu et les cartes de séjour se refilaient de la main à la main. Car l'immigration malienne restait avant tout un mouvement de rotation, comme un " service" que l'on accepterait de faire pendant plusieurs années en France au bénéfice de la famille et de la communauté villageoise. "Partir, c'est bien; mais revenir c'est encore meilleur! ", résume un ancien de soixante-quatre ans, balayeur à Versailles de 1970 à 1979. Bakalou n'a pas hésité non plus à renoncer à son emploi de vendeur-démonstrateur au rayon lits à la Samaritaine quand, son père et son frère décédés, il devint chef de la famille. Il lui fallait être présent au Mali.

" On ne peut pas obliger la France à nous aimer "

Paradoxalement, le renforcement de la législation française sur l'immigration a contribué à fixer une communauté malienne qui souhai-tait conserver sa mobilité. "On est con de rester trop longtemps: dix ans, c'est bien assez ", s'est dit Keïta, un chauffeur routier de trente-six ans qui a décidé d'arrêter. "La France, c'est moins sympa maintenant. Je me souviens de mon arrivée à Aubervilliers. Il faisait froid, j'étais dans la rue. Un Français m'avait proposé de prendre une tasse de café chez lui avec ses enfants. Ça ne se reproduirait pas aujourd'hui ", pense Keïta. L'année dernière, il a failli se prendre des chevrotines à Aulnay 3000 "à cause d'un abruti, un vieux: il paraît qu'il avait pris peur ". Avec ses économies, il s'est fait bâtir une maison et un hangar pour fonder un commerce de matériel de construction. "Même si je gagne 10 francs par jour, ça suffit pour vivre ici. "
Syllamamadou, l'expulsé du dernier charter, lui, ne sait pas encore s'il retourne au village ou tente une nouvelle fois sa chance à Paris, Il avait réussi à travailler comme clandestin dans le bâtiment. Un de ses patrons lui avait dit: "Nous, on te prend; mais si tu te fais piquer par la police dans la rue, c'est ton problème ! " Il avait travaillé ainsi, assure-t-il, sur le chantier d'Euro-Disney, en 1992. " En même temps, c'est pas le bonheur Paris. Quand tu te déplaces, tu as toujours peur. Et tu passes des journées dans des foyers, sans travailler." Il n'est pas prêt à faire comme Barkary, ancien immigré clandestin qui a accepté l'invitation au retour. Le bureau de l'Office des migrations internationales (OMI) à Bamako, émanation du ministère français des affaires sociales, lui a alloué une allocation de 24000 francs, une formation à la gestion et Barkary a pu monter ainsi son propre garage de tôlerie.
Cette aide au retour démarre lentement - une centaine de dossiers depuis 1991 - mais elle est relayée par une ONG de Maliens, l'Association pour la formation, l'insertion et le développement rural en Afrique (Afindra). Son représentant, Bekaï Haïdara, voudrait éviter de cette manière les retours catastrophes. "Pour l'instant, je vois surtout des gens, expulsés, qu'il faut calmer. Il faut du temps pour les raisonner." Barkary, le garagiste, s'est fait une philosophie: "La France ne veut plus garder des gens qui l'ont servie; on ne peut pas l'obliger à nous aimer. "

Dominique Le Guilledoux

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En pays soninké, partir "c'est notre école"

BAMAKO
de notre envoyé spécial

Dans la tradition soninké, un enfant, une semaine après sa naissance, est rasé. les familles du village lui offrent alors de l'argent, un pactole qui lui sera remis à sa majorité, au moment du départ. Déjà, au siècle dernier, ces Maliens de la région du Fleuve émigraient au Sénégal pour les récoltes d'arachides, en Côte-d'Ivoire pour le cacao. lorsque le chemin de fer arriva, on les trouva à Bamako. Avec l'avion, ils sont au Japon, en Corée, aux Etats-Unis, en Europe, même si la grande majorité des 4 millions d'émigrés maliens résident dans des pays africains.
Au pays soninké, partir est une obligation, une initiation. "C'est notre école. On ne sait pas lire, pas écrire mais on apprend des vies multiples, explique un ancien. Si tu ne pars pas, une fille ne te regarde pas." Les moins débrouillards peuvent inventer un voyage imaginaire, passer quelques mois à Bamako et revenir au village sans perdre la face, le marabout codifie les départs en fonction du mouvement des étoiles. Et un Soninké peut se retrouver à l'autre bout du monde, se déplaçant en comptant le nombre d'arrêts dans le métro à défaut de lire le nom des stations.
Les Français, ancien colons, se sont souvenus dans les années 60 de ce trait initiatique en recrutant leur main-d'œuvre dans la région de Kayes. Pour les Soninkés, partir était et reste toujours une question de survie. l'agriculture est la seule activité mais une activité impossible avec une pluviométrie inférieure à400 mm par an. Les émigrés à l'étranger ont très vite constitué des associations de village. Outre la survie des familles, les fonds envoyés ont servi à financer la construction de mosquées et d'écoles. Aujourd'hui, ils soutiennent des investissements directement productifs: retenues d'eau pour des aménagements de marigots, achats de pompes de forage et d'ateliers de maintenance. les magasins communautaires se sont développés.
Selon M. Massa Sissoko, directeur de la Banque malienne de crédit et de dépôt à Kayes, on estimait en 1991 à 30 milliards de FCFA les ressources, " tous circuits confondus ", injectées par l'émigration dans l'économie de la région. Depuis 1995, plusieurs mines d'or ont été ouvertes au sud de Kayes. Mais ce sont des sociétés sud-africaines et américaines qui en assurent l'exploitation. Comble du paradoxe: ces mines d'or emploient des travailleurs immigrés... philippins, avec lesquels les Maliens sont entrés en conflit, estimant être moins bien payés que ces der-niers.

D.L. G.