DANS LES GANGS DES RUES DE NAIROBI

LE MONDE DIPLOMATIQUE | JANVIER 2005 |

Jeunes Kényans entre dérive mafieuse et révolte sociale

A Nairobi, la jeunesse paupérisée semble hésiter entre nostalgie, religion et ressentiment contre les aînés. Les 143 bidonvilles de la capitale kényane sont devenus des zones de non-droit où patrouillent des bandes armées qui agissent par la violence, le racket et l’immixtion dans le jeu politique. Comme en Côte d’Ivoire, l’affaiblissement de l’état et l’ajustement structurel produisent une jeunesse déboussolée.
« Notre meilleur agent publicitaire, c’est le gouvernement. Sa répression nous rend populaires. Ici, parmi les 4 000 prisonniers, plus de 1 000 sont des sympathisants de notre mouvement. » Depuis mars 2004, M. John Maina Njenga et trente-deux de ses lieutenants croupissent dans la prison de haute sécurité de Kamiti, tout près de Nairobi, « dans des cellules prévues pour trois et où l’on est douze sans matelas ». Le chef de la milice Mungiki et ses complices sont inculpés de meurtre par l’Etat kényan. Le procès ne semble pas inquiéter outre mesure le leader de 36 ans : « Je ne suis pas coupable, les médias nous diabolisent. C’est une machination de plus à l’égard de notre mouvement. »
Métropole centenaire de 3 millions d’habitants, Nairobi est l’une des villes d’Afrique subsaharienne les plus touchées par l’insécurité (1). A lire la presse nationale, l’ombre de Mungiki, véritable armée secrète, planerait sur de nombreux faits divers sanglants qui rythment le quotidien : attaques de policiers, racket de voyageurs dans les transports en commun, meurtres, trafic de drogue et « protection extorquée ». Le mouvement constitue l’une des plus puissantes milices qui supervisent le quotidien informel des 143 bidonvilles ceinturant la capitale kényane.
Dans ces zones de non-droit qui concentrent 60 % de la population urbaine et où s’entassent jusqu’à 4 000 personnes par hectare, Mungiki a privatisé la loi. Pendant que les compagnies de sécurité du secteur marchand officiel s’occupent des « beaux » quartiers de la ville – Nairobi héberge plus de 20 000 expatriés travaillant notamment pour des organismes internationaux –, le mouvement assure la justice de la rue, sur les ruines de la sécurité publique (2).
Le président Mwai Kibaki a engagé son gouvernement dans une « guerre totale » contre Mungiki. L’African Church Information Service décrit ses membres comme des « prédateurs », dont « la soif de sang n’est comparable qu’à celle des vampires ». Les journalistes anglo-saxons, installés en nombre dans la capitale, carrefour d’Afrique orientale, dénoncent quant à eux le violent fondamentalisme afrocentriste du mouvement, qui prône l’excision et est « engagé dans une lutte sans merci contre les aspects les plus dégénérés de la culture occidentale (3) ».
C’est toutefois dans une voiture conduite par une jeune femme catholique, non excisée, portant pantalon et aimant la musique soul que nous allons rencontrer M. Njenga dans la prison de Kamiti : Irène, 22 ans, est la compagne du chef de la milice. « Les Mungiki ne sont pas des barbares, explique-t-elle dans la circulation qui ralentit l’accès au centre-ville. Ils sont la jeunesse. »
Les jugements portés sur le mouvement sont en effet très divers. Pour Mme Wangari Maathai, ministre adjointe à l’environnement et première Africaine à avoir reçu le prix Nobel de la paix, les membres de cette milice sont « des déshérités à qui tout a été refusé. Ils ont été rejetés des écoles, faute de place, et n’ont pas trouvé de travail. Ils voient bien que tout leur est interdit pour la seule raison qu’ils sont de l’ethnie kikuyu (4) ». Evoquant le mouvement dans son rapport annuel sur la défense des libertés religieuses dans le monde, le gouvernement des Etats-Unis constate pour sa part que le gouvernement de Nairobi « a harcelé et périodiquement arrêté et détenu des membres Mungiki ».
Cette étonnante ambivalence d’appréciation peut s’expliquer par le caractère protéiforme de l’organisation. Mungiki est à la croisée de toutes les problématiques kényanes : religieuse, ethnique, politique, foncière, et surtout sécuritaire. « C’est une organisation vraiment à part parmi les nouveaux groupes Vigilante de Nairobi, explique ainsi l’historien britannique David Anderson (5). Il n’y a pas d’autre organisation aussi notoirement ethnique et faisant tant appel au passé tribal. Aucune surtout n’a cette faculté de pratiquer la violence de masse. » Partout, dans les quartiers urbains d’Afrique en déshérence, se développent des milices de ce genre, avec leurs propres règles et mots d’ordre, depuis le célèbre Oduduwa People’s Congress (OPC), qui sévit à Lagos, capitale économique du Nigeria, jusqu’au mouvement sud-africain People against Gangsterism and Drug (Pagad).
Mungiki signifie « multitude » en kikuyu. Son histoire commence au début des années 1990, dans le massif montagneux de la Rift Valley, sur les terres les plus fertiles du Kenya. Mungiki est alors une secte néotraditionnelle, schisme de la Tente du Dieu vivant (Tent of the Living God) qui s’inspire de la cosmogonie kikuyu tout comme du combat mené par les aînés dans la guerre de libération mau-mau (voir Mau-Mau). Pendant « africain » du pentecôtisme anglo-saxon, qui trouve de plus en plus d’écho chez les Kényans, elle développe une « prophétie de crise » dans laquelle, selon le professeur Hervé Maupeu, « les Kikuyus les plus pauvres ont trouvé un moyen d’assurer une migration par l’esprit quand leur migration réelle pour trouver des terres à exploiter ne fonctionnait plus (6) ».
Les jeunes fidèles sont pour la plupart descendants des combattants Mau-Mau, massacrés par le colonisateur britannique. Ils sniffent du tabac à priser « pour se stimuler l’esprit » et arborent des dreadlocks « comme autant de blessures, pour ne jamais oublier comment les Mau-Mau ont été trahis par tous les gouvernements ayant dirigé le Kenya », rappelle M. Ngonya Wagakonya, chef spirituel de la Tente du Dieu vivant. L’homme a rencontré les Mungiki en juin 1992 : « Ces jeunes ne tenaient pas à ce que je sois leur chef spirituel. Ils voulaient être autonomes. Leur mouvement est devenu politique. Mais si nous différons sur l’idéologie, ils restent toujours mes enfants. »
De 1991 à 1994, des massacres à caractère ethnique perpétrés par le régime du président Daniel arap Moi ont principalement atteint les Kikuyus et ont contribué à élargir l’audience du mouvement. Des dizaines de milliers de réfugiés ont alors quitté les contreforts du mont Kenya (point culminant de la Rift Valley) pour aller s’entasser dans les bidonvilles de Nairobi. Mungiki suit l’exode et commence à propager dans la capitale un « nécessaire espoir de parousie (7), mais sous une forme plus militante, plus politique (8) ». Dans les quartiers pauvres de l’est de la ville, où 60 % de la population a entre 15 et 29 ans, le mouvement devient le porte-parole d’une génération, gonflant ses revendications ethniques de slogans sociaux qui le rapprochent d’autres mouvements qui luttent pour la démocratie, contre l’autocratique arap Moi. « On considérait ses leaders comme faisant partie des militants des droits de la personne, se rappelle M. Njuguma Mutahi, de l’association People against Torture (9). Le pouvoir les réprimait pour leurs revendications sociales : la répartition des terres, le sort des sans-emploi, les conditions de vie dans les bidonvilles. »
« Personne n’ose se prononcer sur l’avenir »
Mungiki répond aussi de manière musclée au véritable « marché de la violence » qui s’est installé dans les quartiers informels de la ville. Ses membres interviennent, par exemple, des deux côtés du manche, dans les violents conflits de la « guerre des loyers » menée par les propriétaires fonciers contre les habitants en difficulté (10) ; ils assurent la protection forcée des quartiers négligés par la police, rackettent certaines des très rentables lignes de transports en commun – les matatus – qui ramènent leur clientèle captive du centre-ville vers les bidonvilles de Mathare ou de Dandaura. A la veille de l’élection présidentielle de 2002, qui a consacré la défaite du parti au pouvoir – l’Union nationale africaine du Kenya (KANU) du président sortant Daniel arap Moi –, Mungiki s’apparente à une véritable microsociété de plusieurs centaines de milliers de membres, dont la caisse comptabilise des sommes considérables et qui est devenue un acteur incontournable de la bataille que se livrent alors M. Uhuru Kenyatta, candidat choisi pour représenter la KANU, et le futur président Mwai Kibaki, pour l’opposition Arc-en-ciel (National Rainbow Coalition, NARC).
En effet, la dernière décennie du pouvoir Moi a été marquée par la corruption et les détournements de fonds de la classe politique, les assassinats d’opposants des ethnies luo et kikuyu, et le passage progressif de la loi et de l’ordre vers une justice « du riche et du pauvre (11) ». Magistrats et policiers sont notoirement corrompus et chaque camp fait appel aux Jezis, ces armées de jeunes que les chefs ethniques « réactivent » à chaque période électorale. Les dizaines de groupes Vigilante qui contrôlent les quartiers de la capitale kényane sont mobilisés : lors du scrutin présidentiel de 2002, « les amis d’hier devinrent des ennemis », témoigne un ancien membre de la milice des Bagdad Boys. Des centaines de jeunes pauvres et sans emploi, « à l’affût de n’importe quel moyen de manger le soir, rejoignent les gangs levés par les hommes politiques ». Outre Mungiki et les Bagdad Boys, les milices les plus célèbres sont Jezi La Embakasi, du député David Mwenje, et Vigilante Luo, de Raila Odinga (12).
Les ghettos abondent en arrivées d’armes légères : au moins 7 % des habitants en possèdent, selon les observateurs internationaux préoccupés. Leur inquiétude est d’autant plus vive que les chefs de Mungiki, aspirant à un destin politique, se sont ralliés aux ennemis de la KANU et que le 3 mars 2002 a résonné comme un avertissement : cette nuit-là, Mungiki a organisé dans le quartier de Kariobangi Nord une expédition punitive contre les rivaux de la milice Taliban. Vingt et une personnes ont été massacrées. L’implication de Mungiki dans cet événement sonne le glas de l’immense espoir que la secte avait suscité chez de nombreux jeunes. Longtemps distinguée par le fait qu’elle défendait un véritable projet sociopolitique, elle rentre dans le rang des simples armées politiques. Quelques jours après, le gouvernement Moï interdit Mungiki et dix-sept sectes, groupes et autres armées privées, « responsables de l’insécurité qui règne dans le pays ».
Contrairement aux pronostics les plus sombres, Nairobi n’a pas brûlé. Candidat de la NARC, M. Mwai Kibaki est triomphalement élu en décembre 2002, mettant fin à vingt-quatre années de régime KANU. Reste que, « dans cette période de confusion, plus personne n’ose se prononcer sur l’avenir », remarque le journaliste kényan David K. Kiare. L’acronyme de la nouvelle coalition au pouvoir, qui a été révisé par la rue, résume l’ambiance : NARC ? Nothing has really changed (Rien n’a vraiment changé). Alors que les principaux partis de la coalition – l’Alliance nationale du Kenya (NAK) du Kikuyu Mwai Kibaki et le Parti démocratique libéral (LDP) du Luo Raila Odinga – s’enferrent dans une guerre de tranchées autour d’une révision constitutionnelle qui limiterait les pouvoirs de l’exécutif (13), les membres de la mafia du mont Kenya, une cabale de ministres et d’amis de la même ethnie que le chef de l’Etat, « représentent une menace pesant sur l’unité du pays et l’instauration d’une réelle démocratie (14) ». L’augmentation des prix des produits de première nécessité et la flambée de ceux des transports affectent cruellement les bidonvilles, où près de 80 % de la population vit avec moins de 1 dollar par jour. Quant à la commission de « réconciliation » promise par la NARC, elle tarde à être mise en place. « Comment pourrait-il en être autrement ?, s’interroge M. Njuguma Mutaji. De nombreux membres des gouvernements passés et présents ont été impliqués dans les milices. Si la réconciliation ne les gêne pas, la question de la justice, en revanche, les inquiète. »
En tant que kikuyu, M. Mutahi conçoit qu’il est difficile de rester objectif avec les Mungiki. Il estime cependant que, s’ils ont commis des actes de violence, « on ne leur a jamais donné l’occasion de s’expliquer. Si on peut diverger sur leurs méthodes, tous les éléments pour lesquels ils se sont battus restent d’actualité. La frustration est même de plus en plus générationnelle. Les jeunes sont, chaque jour, plus radicaux et plus violents. La personne qui réussira à articuler un programme autour de ces questions aura non seulement le soutien de Mungiki, mais celui de l’ensemble de la jeunesse déclassée. »
Comme tous les autres quartiers informels de Nairobi, la vallée de Mathare ne figure pas sur les guides touristiques. C’est pourtant l’un des bidonvilles notoires de la capitale et l’un des endroits où la répression à l’encontre de Mungiki a été la plus brutale. Des centaines de supposés membres du mouvement y ont été arrêtés depuis le début de l’année pour aller saturer les maisons d’arrêt. Ordre y est même donné de tirer à vue. Pourtant, on continue à n’y entrer – y compris, semble-t-il, les cinq policiers croisés dans l’une de ses ruelles « taillées pour la guérilla » – qu’avec l’accord du mouvement.
Le chef du groupe qui nous accompagne sur les pentes du bidonville revendique 1 600 affiliés : « Parfois, on donne un coup de main à des propriétaires qui nous reversent un pourcentage sur les loyers ; d’autres fois, on ramasse les ordures, puis on collecte de l’argent : 15 shillings par semaine et par membre. On le réinvestit... Nous ne sommes pas violents, vous savez, on se défend. Pourquoi tendrions-nous la joue droite après avoir été frappés sur la gauche ? » « Sans Mungiki, je serais un enfant des rues, précise un jeune. Je ne crois pas dans la politique. Jamais plus nous ne serons manipulés. Nous sommes en pleine réinvention. »
Une longue suite de trahisons
« On ne peut tuer l’esprit de Mungiki », affirme M. Ezechiel Waruinge. Jusqu’à ce qu’il expérimente une « révélation divine », il occupait la fonction de coordinateur national du mouvement. A ce titre, il a croisé de nombreux responsables politiques durant la bataille électorale de Nairobi. L’un d’entre eux n’est autre que M. Chris Munrungaru, actuel ministre kikuyu de l’intérieur, suspecté d’être le chef de la mafia du mont Kenya. « Je l’ai aidé à être élu, et, ensuite, il a fait comme tous ceux qui entrent au gouvernement : il est devenu une bête sauvage, estime M. Waruinge. Il s’est retourné contre nous. Mais Dieu jugera ! »
Devenu une figure de l’Eglise évangélique Neno, M. Waruinge envisage désormais de « poursuivre le même combat avec les jeunes qui ont suivi ici. Mais d’une manière chrétienne, non plus traditionnelle ». Reste que ce « born again » préfère toujours son prénom africain
– Ndura – à celui de converti, et qu’il se bat « contre la diabolisation de la tradition par les Eglises évangéliques américaines ». En fait, M. Waruinge ne regrette en rien d’avoir été mungiki. Mais, pour nombre des membres du mouvement, il est devenu le traître – celui qui a compromis le mouvement avec les responsables politiques.
« Oui c’est vrai, nous avons appuyé la KANU, rétorque M. Waruinge. Mais si nous soutenions son candidat, Uhuru Kenyatta, c’est parce que c’était un jeune. » Depuis, M. Kenyatta réfute toute relation avec Mungiki. Toutefois, personne n’est dupe. « L’histoire des Kikuyus est une longue suite de trahisons, depuis le combat Mau-Mau », précise M. Ndumgi Gotukhu, de Mulika, association enregistrant et filmant les témoignages de personnes persécutées sous les précédents régimes kényans. « Ils se battaient pour leurs terres, finalement ils n’ont rien eu... Les hommes politiques ont fait les mêmes promesses à Mungiki, le rêve n’a pas eu lieu. Néanmoins, le mouvement est maintenant en train de se reconstruire. Et l’influence Mau-Mau est plus que vive au sein de la troisième génération. »
Ce 4 octobre 2004, Journée mondiale de l’habitat, le gouvernement de M. Kibaki, avec l’ONU-Habitat (dont le siège est à Nairobi) et le conseil municipal de la capitale, inaugure à Kibera, le plus grand bidonville d’Afrique subsaharienne, une première tranche de logements sociaux destinés à remplacer à terme les abris de tôle où résident près de 700 000 personnes. Pour Mme Anna Kajumulo Tibaijuha, présidente de l’ONU-Habitat, le Kibera Slum Upgrading Project est un premier pas vers l’amélioration « de la qualité de vie et de l’emploi, et de la lutte contre la criminalité, particulièrement chez les jeunes ». Toutefois, il faut aller plus loin, estime M. Juma Assiago, du programme Safer Cities, de l’ONU-Habitat. « Il s’agit de privilégier l’accession sociale plutôt que l’ascension par la violence. Les jeunes de Nairobi ont développé une véritable société parallèle, avec leurs propres valeurs. Les organisations Vigilante sont une de ces émanations. Plutôt que de cantonner les jeunes dans l’illégalité, pourquoi pas un début de légitimation des “bonnes valeurs” prônées par cet informel, un début de formalisation de ses relations avec des institutions telles que la police ? » Mais l’Etat sera-t-il prêt à reconnaître la légitimité d’un mouvement qui le conteste ? « En fait, il s’agit de réformer entièrement la gouvernance de ce pays. »
L’histoire troublante de Mungiki épouse les contours de la dérive politico-sécuritaire de Nairobi, ville dont le nombre d’habitants croît de 5 % par an. Des décisions que le mouvement s’apprête à prendre découlera l’avenir des véritables « bombes à retardement » que sont ses bidonvilles. Mais aussi celui de la Rift Valley, où sourd la rancœur accumulée autour de la question des terres (voir Terres ancestrales de la Rift Valley).
Les Mungiki sont-ils les nouveaux « irréconciliables », à la manière dont les colons britanniques surnommaient les Mau-Mau ? Interrogée sur la violence des Mungiki, Mme Wangari Maathai, Prix Nobel de la paix en 2004, n’en doute pas : « Si l’oppression continue, si on tue encore nos frères, ce sera la guerre civile dans ce pays. »
JEAN-CHRISTOPHE SERVANT

(1) Lire « Crime in Nairobi, results of a citywide victim survey », UNDP/UN Habitat, septembre 2002. Interrogés en 2001, 98 %, des habitants de Nairobi estimaient, dans cette étude sur la criminalité, que la police était corrompue ; le tiers, que des mesures complémentaires, telles que l’organisation de groupes Vigilante, étaient nécessaires pour parer à l’insécurité et à la défaillance de la loi.
(2) Lire Edwin A. Gimode, « An anatomy of violent crime and insecurity in Kenya : the case of Nairobi », Africa Development, Dakar, 2001.
(3) Paul Harris, « Mau Mau returns to Kenya », Sydney Morning Herald, Sydney (Australie), 17 janvier 2000.
(4) Jean-Philippe Remy, « Wangari Maathai, l’incontrôlable », Le Monde, 10-11 octobre 2004. Avec 22 % de la population kényane, les Kikuyus sont le groupe ethnique le plus important du pays, devant les Luhyas (14 %), les Luos (13 %) et les Kalenjins (12 %). M. Uhuru Kenyatta, actuel chef de l’opposition KANU, tout comme le président kényan, M. Moi Kibaki, sont des Kikuyus.
(5) Lire « Vigilantes, violence and the politics of public order in Kenya », African Affairs, Oxford, octobre 2002.
(6) Lire « Physiologie d’un massacre : la tuerie du 3 mars 2002, Kariobangi North », L’Afrique orientale, annuaire 2002, L’Harmattan, Paris, 2003.
(7) Second avènement du Christ glorieux, attendu par les millénaristes.
(8) « Physiologie d’un massacre : la tuerie du 3 mars 2002, Kariobangi North », op. cit.
(9) Fondée en 1996, cette ONG s’occupe de recueillir témoignages, matériels et preuves sur les actes de torture et les exactions commis sous les précédents régimes kényans.
(10) Lire Marie-Ange Goux : « Guerre des loyers dans les bidonvilles de Nairobi », Politique africaine, n° 91, éditions Karthala, Paris, octobre 2003.
(11) Ibid.
(12) Figure populiste et membre de la coalition au pouvoir, le député David Mwenje, qui préside la commission parlementaire sur la sécurité, a reconnu en 2003 avoir été impliqué dans les activités de la milice Jezi La Embakasi. Ministre des travaux publics et du logement, M. Raila Odinga est le principal rival du président Kibaki. La réforme en cours de la Constitution kényane, objet de tensions politiques, lui permettrait de devenir premier ministre.
(13) Tricia Hoo, « Kenya : the challenge of change », Export Development Canada, Ottawa, juin 2004.
(14) Pour Africa Confidential (Londres), la mafia du mont Kenya regroupe plusieurs anciens ténors des mouvements prodémocratiques kényans ayant, après la présidentielle de 2002, « rapidement échangé les idéaux de l’opposition pour les avantages du pouvoir ». Parmi eux, le ministre de la justice, M. Kiraitu Murungi, particulièrement apprécié des diplomates occidentaux.
Lire aussi :
Mau-Mau
Terres ancestrales de la Rift Valley